
Les soirées de Saint-Pétersbourg
ou Entretiens sur le gouvernement temporel de la providence
Publiées à titre posthume en 1821, Les Soirées de Saint-Pétersbourg s'articulent sous la forme de dialogues consacrés à la Providence, au mal, au châtiment, au sacrifice et au gouvernement du monde. Elles constituent l’une des expressions les plus puissantes de la pensée contre-révolutionnaire européenne face à l’optimisme rationaliste des Lumières.
Il y a peu de livres que je puisse me vanter d'avoir lu aussi souvent que les Soirées de Saint-Pétersbourg. Comment décrire la véritable fascination que ce livre exerça sur moi au début de ma vingtaine ? Il me fit tout simplement découvrir un autre monde. Ou, pour parler plus justement, il dirigea mon regard vers d’autres réalités du monde : le péché originel « qui explique tout et sans lequel on n'explique rien », la présence universelle du mal dans la condition humaine, qu'aucune organisation sociale ne supprimera, la permanence du sacré, etc.
« Toute intelligence est par sa nature même le résultat, à la fois ternaire et unique, d'une perception qui appréhende, d'une raison qui affirme, et d'une volonté qui agit. Les deux premières puissances ne sont qu'affaiblies dans l'homme : mais la troisième est brisée. [...] C'est dans cette troisième puissance que l'homme se sent blessé à mort. Il ne sait pas ce qu'il veut ; il veut ce qu'il ne veut pas ; il ne veut pas ce qu'il veut ; il voudrait vouloir. »
« Ayons le courage de visiter nos cœurs avec des lampes et nous n’oserons plus prononcer qu’en rougissant les mots de vertu, de justice et d’innocence. »
Antoine Dresse